L’aporie de la transparence
Origine : Notion développée à partir de la distinction authenticité / sincérité
Définition
Une aporie est une impasse logique, un problème qui ne peut pas être résolu par les termes dans lesquels il est posé. L’aporie de la transparence désigne la tension irréductible entre deux exigences qui paraissent aller de pair mais qui s’avèrent distinctes et parfois incompatibles : l’authenticité et la sincérité.
L’authenticité désigne l’absence de médiation entre l’auteur et ce qu’il produit. Un texte est authentique si l’auteur en est la source directe, sans interposition technique. L’authenticité est une question d’origine.
La sincérité désigne l’honnêteté sur ses intentions. Un texte est sincère si l’auteur ne dissimule pas ses intentions au travers de sa production. La sincérité est une question de rapport à soi et à l’autre.
Ces deux exigences entrent en tension dès lors qu’on utilise l’IA générative pour écrire : un texte produit avec l’IA peut être sincèrement assumé (son auteur reconnaît ouvertement le recours à l’outil) sans être authentique au sens strict, puisque la médiation technique est constitutive de sa production.
Dans mes écrits
Cette aporie est au cœur de mes réflexions sur la transparence de l’usage de l’IA générative dans l’écriture. La demande de transparence sur l’utilisation de l’IA générative suppose souvent une confusion entre authenticité et sincérité : elle pose la question de l’origine (l’auteur a-t-il “vraiment” écrit ?) alors que la question pertinente est peut-être celle de la sincérité (l’auteur assume-t-il ce qu’il signe ?).
Confondre les deux revient à poser une question mal formulée, et à y apporter des réponses inadéquates. Un texte relu, corrigé, complété, orienté par un auteur qui a utilisé l’IA générative comme outil peut être parfaitement sincère et la question de son authenticité stricte n’est peut-être pas la bonne question.