Vers une resistance numérique
Durant l’autonome 2024, j’ai découvert Jacques Ellul. Je vous renvoie à sa page Wikipedia qui est assez riche. Selon la théorie “techno critique” de Ellul, la préoccupation de l’immense majorité des hommes de notre temps est de rechercher en toutes choses la méthode absolument la plus efficace.
Ce constat est posé dans les années 60 et reste d’une brulante actualité. Nous avons tendance, consciemment ou pas, à rechercher l’efficacité dans tout ce que l’on fait, tout ce que l’on consomme, au détriment parfois de certaines de nos libertés.
“Les nombreux outils disponibles dans notre monde numérique rendent notre vie plus facile, permettent de créer et d’échanger de l’information, mais, particulièrement dans le contexte actuel, il serait dangereux de laisser le contrôle de ces outils a un petit nombre d’acteurs.” (Bruno Levy - ces binaires non binaire)
On utilise des périphériques (chinois ou US), on s’encanaille ou on communique sur des réseaux sociaux (chinois ou US), on travaille et on échange sur des logiciels et des serveurs (chinois ou US). Avec le recul, la plupart d’entre nous savons qu’il y a quelques choses de dangereux dans cette histoire.
Un asservissement volontaire comme l’aurait écrit Etienne de la Boétie?
Depuis quelques mois, la question de la souveraineté numérique est remise sur le devant de la scène (voir sur le sujet l’excellent blog de Robin Berjon)
Faut-il résister? Et si oui, comment? Telles sont les questions qui sont posées par les citoyens qui prennent conscience de la situation.
Notre consommation numérique inquiète car elle engendre des conséquences préjudiciables résultant d’une hégémonie des Big Tech . Gaspard Koenig pose la question : si un algorithme me connaît mieux que moi et qu’il me propose des choix plus rationnels, s’il préempte ma décision, pourquoi aurais-je besoin d’un droit de vote ?
On en vient à une illustration moderne (et numérique) du paternalisme étatique de Friedman. Selon cette théorie, l’intervention du gouvernement dans la vie des individus est justifiée pour leur propre bien. “Puisque les gens pensent mal, ou n’ont pas de jugement autonome, on va les aider à prendre les meilleures décisions pour eux-mêmes grâce à des algorithmes.” diront certains.
Nous devons reprendre le contrôle. D’abord en prenant conscience de la situation dans son ensemble, dans sa globalité. Comprendre que chaque choix que l’on pose consolide ou affaiblit une position. Il faut analyser pour mieux lutter.
Comme l’a écrit David Chavalarias" Si nous voulons assurer la pérennité de notre démocratie à l’ère du capitalisme numérique, le premier maillon de la chaîne d’intervention, c’est nous."